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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 21:56
Le croustillant, ce sera tout.
Mes bas qui tombent... Ma démarche ridicule...
Vendredi : Chez Moka qui m'a gentiment préparé des pates. Il me parle de son amour d'antan, me fait rire, je cite : "Non, mais elle me propose de venir chez elle, j'y vais mais tu vois... j'étais obligée de la serrer mais je voulais pas. Heureusement Hdmv m'a appelé." Puis un peu d'alcool, de clopes, de conversations au sujet de mon intolérance ridicule.
Moka : Viens dans mes bras.
Perfide : Non.
Moka : Ouuuuuuuuu ! Arrête de mentir, toute les filles ont envie de venir se caler dans les creux de mon épaule.
Perfide : Certainement.
Moka : Bah viens.
Perfide : Non, ça me fait trop kiffer de t'entendre me le demander encore et encore.
Se jette sur moi. Enfonce ses doigts là où il faut. Craquage intégrale. Baise.

Samedi : Mange avec la soeur de mon ex (qui est une amie), rencontrons une nana qui kiffait mon ex y'a 3 ans. Elle est pitoyable :
"Je peux m'asseoir avec vous ?
- Oui
- T'es sûre ?
- Oui
- Non, mais vraiment parce que ça me dérange pas d'être toute seule.
- Mais putain assieds-toi"
Je lui demande s'il elle n'a pas un problème de confiance en soi, elle me déballe sa vie, son diabète, son visage défiguré, les gens qui lui jetaient des pierres, sa mère morte l'année dernière, son mec qui doit s'en battre la race de sa gueule. Elle prend sa tragédie au sérieux, et elle me l'expose impunément à moi l'inconnue et j'ai encore plus mal pour elle de constater qu'elle est obligée de me faire pitié pour ressentir le début d'une reconnaissance pour ce qu'elle est : "Regardez-moi, aimez-moi, je souffre".
Reçoit un texto de ma pote : "Putain ! Barrons-nous !". Autre café. Autre conversation. Je la kiffe bien cette nana, truc de ouf.
Puis Larouquine me pose un vieux faux plan. On devait se voir à 16h, elle m'appelle à 17 pour me dire que c'est die... Cool. Rien à faire jusqu'à ce que Moka et Hdmv aient fini d'emménager. Tout le monde est occupée. Je lis Le livre du rire et de l'oubli, je pars en couille parce qu'un hasard à haut degré d'improbabilité se déroule sur ses pages.
"Qui est donc Eva d'après les mots d'Eva ? Eva est un joyeux chasseur d'hommes. Mais elle ne les chasse pas pour le mariage. Elle les chasse comme les hommes chassent les femmes. L'amour n'existe pas pour elle, seulement l'amitié et la sensualité. [...]".
Ca fait une heure que je marche dans l'air glacé de Paris sans savoir où je vais et en me contentant de marcher, heureuse, je suis fièvreuse et je vois ça. Je me dis : "Mais c'est toi ! Mais c'est toi !" et en même temps, cette nana qui porte le prénom d'une fille de ma classe m'informe de tout ce qu'il y a d'interchangeables entre nous deux. Je continue, et j'apprends (dans mon bouquin toujours) que cette Eva rappelle quelqu'un à la mère d'un de nos personnages. Et cette personne s'apelle (... je vous le donne en mille...) : Perfide. Pas Perfide, mais mon prénom. Pour les plus curieux, vous connaîtrez mon prénom si vous vous donnez la peine de farfouiller un peu dans ce livre. Je pars complètement en couille et décide d'aller me réchauffer dans un café. Je croise une tribu de "ouesh ouesh" et l'un d'entre eux me somme de lire la page de mon livre. Enthousiaste à l'idée de partager toutes mes émotions, je m'éxecute... ils s'en foutent, mais ça me fait plaisir.
Dans ce vieux café miteux, j'hésite entre gerber, vomir, dormir ou m'exploser la tête sur la table. J'ai chaud, froid, mal. Une ancienne pote me rejoint, elle ne veut pas écouter ma coïncidence, elle s'en fout, elle ne m'écoute plus, elle veut que je l'écoute, je l'écoute, je suis malade, elle me reproche de ne faire encore effort. Elle me fait de la peine, elle n'est même plus sincère avec elle-même et je m'en rends de plus en plus compte. Elle n'accepte pas que j'ai pu changer en 3 ans et elle tente inlassablement de me redonner mon statut d'antan, c'est ridicule, ça m'emmerde et je me sens encore plus mal. J'attends un appel de Moka qui ne vient pas.
23h30 : mon sauveur se manifeste. Je le rejoins dans son nouvel appart qu'il loue avec Hdmv, j'achète quelques bouteilles au passage. On discute tous les trois, puis Moka va prendre une douche, Hdmv va mixer dans la pièce d'à côté. Je me dis qu'il va revenir. 1min, 2min.
Perfide : "Je me suis dit que tu ne me rejoindrais pas, donc je suis venue.
Hdmv : T'as eu raison."
Puis Moka revient, on fume, on boit, on discute, on rit. Moka va se coucher, je parle à Hdmv de tout ce qui me fait peur : "N'être sûre de rien, n'avoir aucune certitude sinon celle que je ne sais rien, que tout est infini, que je ne sonderai jamais rien, que si je pense quelque chose, je n'ai ni tort ni raison". Puis je lui parle de Kundera, très très longtemps, de mon amour pour les gens, et pour ls individus, même ceux qui sur mon échelle de valeurs (basée sur l'intellect) me semblent débiles. Il m'écoute, il me répond. Je lui parle de Will, du fait que je me sois plus ou moins consciemment victimiser, ça me fait du bien. J'ai d'ailleurs rappeler Will (qui s'est remis avec sa meuf : monogamie quand tu nous tiens...) et lui explique que j'accepte de le revoir, qu'on sera amis, qu'on sera content, que je lui reproche de ne pas avoir su où il allait et de ne pas me l'avoir dit, il consent. Je balance à Hdmv des petits tests mesquins auxquels il répond admirablement avec la plus grande des sincérités : "Perfide, tu me testes et ça me fait kiffer". Moka dort au dessus de nous, il me dit : "Moka a trop envie qu'on se serre
- Et si tu crois que ça va m'empêcher de te pécho..."
Puis je saute dans ses bras, il me caresse les cheveux, je lui parle encore et toujours de Kundera, de l'absurdité de nos tragédies, de l'absurdité de tout, du fait que je veux mordre sa queue pour oublier que je mords la mienne.
Puis je le déshabille, il me déshabille, m'enlève ma petite culotte rose transparente que j'ai oublié là-bas, me mords l'orteil, me lèche, me caresse, m'embrasse... On fait un peu l'amour, je lui taille une pipe pendant que Moka descend de sa mezzanine, il me dit : "Tant pis", je réponds "Tant mieux", je continue, il me prend en levrette, m'éjacule dessus et je kiffe tellement sentir la chaleur de son sperme dans la cambrure de mon dos...
10h : je le prends dans mes bras et je m'endors.
13h : je me réveille, le caresse. Moka et un pote à eux sont dans la pièce d'à côté. On re fait l'amour et je hurle pendant que les autres bossent pour leur fac de droit. Je lui demande de m'apporter un verre d'eau et une clope, je cherche mes vêtements, me lève, salue leur ami : "Bonjour, je te fais pas la bise mais le coeur y est...". Je me parfume et j'entends Moka : "Ca sent le Brise". Hdmv : "Je crois que c'est le parfum de Perfide". Moka se retourne vers moi et me lance un immense sourire provocateur qui me ferait presque mouiller.
Je vais voir La Rouquine, je pue le sexe, je sens mon doigt qui sent son cul. Chez elle, je pille son frigo : je bouffe du saucisson, et boit son coca light. On discute, on discute, et je réfléchis et je m'interroge.
Et je rentre chez moi. Je vois Zoé, on discute jusqu'à deux heures du matin de Kundera, de Nietzsche et d'elle, de moi. Je l'aime très très très fort. Moka la trouve perturbée, mal dans sa peau, la soeur de mon ex aussi, mon père aussi. Je me rends compte qu'elle ne s'aime pas et je veux l'aimer pour qu'elle s'aime.
Par Perfide - Publié dans : parisgaredelyon
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