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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /Nov /2006 17:12
On va me taxer de frivole… mais je suis de nouveau heureuse.

Hier soir, je me suis couchée, j'ai pleuré un peu en me disant que j'étais la plus malheureuse du monde et que je souffrirai jusqu'à ma mort en étant conjointement consciente que ce n'était que pour le plaisir de pouvoir m'imposer le statut de victime. Je suis donc parfaite et s'il préfère l'autre, tant pis c'est que notre notion de la perfection doit diverger. Je relativise : il y en a d'autres tout aussi agréables, intelligents beau (dans une mesure différente de la sienne) et qui mettent des préservatifs king size. Ce n'est pas de la légèreté que d'oublier ma détresse d'hier soir, mais disons qu'au lieu de mettre des mois pour retrouver le sourire, je me contraints à faire tenir le processus de deuil dans un laps de temps beaucoup plus court. C'est chose faite. Abnégation, résignation, espoir et optimisme : à nous quatre !

J'ose espérer que chacun de mes lecteurs a versé une petite larme et a eu des pulsions meurtrières dirigées vers Will parce que le rôle de victime me va si bien : pauvre petite chose fragile que je suis... ! Ha. Ha. Ha.

Par Perfide - Publié dans : parisgaredelyon
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Commentaires

Ah cette jeunesse, quel cynisme, incroyable !
J'ai un livre de chevet, qu'il m'arrive régulièrement de relire : Lettres à un Jeune Poète de Rilke, la traduction de Grasset (1937), je te le recommande chaleureusement, tu y trouveras quelques petits passages très réconfortants en toute circonstance et de toute beauté littéraire : "car au fond, et précisément pour l'essentiel, nous sommes indiciblement seuls." Tu m'en diras des nouvelles.
Sinon, et je ne vais pas me faire aimer mais tant pis : tu es tellement libre et sûre de toi, de ta force et de ton pouvoir sur autrui, qu'il est bon pour toi de souffrir parfois.
Commentaire n°1 posté par Julien le 17/11/2006 à 19h12
A 14 ans, j'avais tenté de lire du Rilke et j'avais eu mal à la tête. Mais je n'ai rien à lire, donc je vais le récupérer dans ma bibliothèque.

Pour le reste, oui, j'ai confiance en moi, je sais que pour prendre un certain pouvoir sur les gens il faut les destabiliser en brisant les schémas habituels, que je suis forte parce que je veux être forte MAIS je ne cherche en aucune manière à perpétrer le mal ou la souffrance, j'aime les gens : le tout et les individus. Qu'il soit bon pour moi de souffrir, certes, mais au même titre que n'importe qui et pas parce que je me sens bien dans ma peau. Et puis, avouons-le, c'est très agréable d'avoir mal.
 
Ensuite, cynisme ? Non, réalisme. Tout ça est absurde, en tout cas dans mon actuelle vision des choses. Et dans le sens où le déroulement des choses est absurde et où notre vie même l'est, autant tendre à ce qui est susceptible de nous faire du bien... en ce qui me concerne, je ne suis pas une fan des larmoiements incessants.
Réponse de Perfide le 23/11/2006 à 17h21
Je me tue à le dire : nous sommes des êtres exceptionnels. Et ils le regretteront. (et ce jour-là je rigolerai bien)
Commentaire n°2 posté par Ju la mome le 19/11/2006 à 09h47
Je ne partage absolument pas ce que tu dis. Nous ne sommes pas exceptionnelles et ils (les hommes ?) le regretteront ou pas.
Il préfère son ex à moi, elle est plus à même de le rendre heureux et je ne compte pas me transformer en elle. D'où l'ironie au sujet de notre perception de la perfection qui diverge.
Réponse de Perfide le 23/11/2006 à 17h24
J'imagine que tu as du faire souffrir plus souvent qu'à ton tour, mais je déborde peut-être d'imagination... Et la souffrance n'apporte rien à certaines personnes, sinon le fait de souffrir. Lis Rilke et on en reparle (n'oublie pas de bien choisir la traduction de Grasset de 1937 !).
Bonne lecture.
Commentaire n°3 posté par Julien le 25/11/2006 à 19h01
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