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Lundi 12 juin 2006 1 12 /06 /Juin /2006 20:10
    Je me lève donc ce matin, mange trois crêpes au nutella, me lave, me maquille et enfile un haut plus que décolleté (il fait très chaud). Je vais voir quelques amis légèrement stressés et rentre dans la salle d'épreuve. Ce sera des maths. La facilité du sujet après m'avoir fait rire, m'a enchantée. Exemple :  Nous avons un tableau avec des pourcentages répartit selon des classes d'âges. Certaines personnes ont voté "OUI", d'autres "NON". La question est la suivante : "Relever le pourcentage de personnes qui ont moins de 25ans et qui ont voté "OUI". Aberrant ! La suite du sujet n'était pas réellement plus complexe. Je sors de la salle ravie et riant à tout rompre en croisant le regard abasourdis de mes amis qui ne comprennent pas comment cela a pu être aussi ridiculement simple. 1h de pause : je vois Léa qui après m'avoir salué du petit bisou-bouche habituel, reluque mon décolleté en m'avouant : "Je suis désolée, je suis incapable de regarder ailleurs". Elle est adorablement adorable. Je suis de corvée de bise étant donné le nombre de personnes connues qui passent leur bac en même temps que moi, je passe de l'un à l'autre et ne sait plus où m'arrêter quand Raoul (il fallait que je lui approprie un nouveau nom...) s'approche et me dit bonjour en me collant deux petits baisers sur les joues. Je me sens à nouveau heureuse, sa présence me manquait... mon amant chéri.
    Je me souviens qu'au début de l'année, je le voyais comme une personne totalement inintéressante, dénuée de charme et pourtant. Notre relation a évolué. Le plaisir me titille à l'idée de me remémorer ses souvenirs. Tout a commencé dans un bus en direction de Lyon : visite de l'institut lumière les enfants ! Je m'endors sur lui qui passe discrètement sa main dans le bas de mon dos, nous discutons, nous rions, je me sens bien. Puis il y avait ces soirs dans la salle d'audio visuel de mon lycée, nous étions souvent seuls devant des films qui n'intéressaient pas nos copinous débilous. Une fois, ma nuit précédente ayant été écourtée pour cause d'insomnie tenace, je m'allongeai sur ses genoux sans aucune arrière pensée, ma main s'est lentement dirigée vers son entrejambe pendant que la sienne errait de ma poitrine à mes fesses. La porte s'ouvre et le professeur d'art plastique (c'est un sacré Monsieur (!) mais j'en parlerai plus tard) s'approche de nous. Raoul mal à l'aise lui dit : "On regarde Citizen Kane" en lui lançant un sourire contrit. J'étais ivre de rire. Cette attirance mutuelle ne nous quittant pas, nous avons fini par la concrétiser et lundi soir il vint chez moi. Ce garçon, en plus d'être intelligent, drôle, touchant, peu bavard, fait magnifiquement bien l'amour. Il est tellement mignon, après que j'aie joui une multitude de fois, il ose encore me demander : "C'était bien ?" avec un manque d'assurance évident. Il est si touchant. Et dire que moi, je me contrefiche de tout, que je ne ressens que rarement de la gêne, que je suis prétentieuse et élitiste à me faire détester par (presque) tout le monde. Un problème subsiste : je commence à croire que j'ai plus de sentiments pour lui que je ne voudrais en avoir. Quand il n'est pas là je veux le voir, simplement en vue de sentir sa présence réconfortante à mes côtés... C'est ridicule et il me parait impossible qu'il partage ce genre de sentiment mais comme j'ai toujours tout ce que je veux, j'y arriverai. Je ne le veux pas rien qu'à moi, mais je veux qu'il m'aime, il est libre d'aller baiser avec qui bon lui semble.
Je le vois donc, à la sortie de notre épreuve de maths, nous discutons très brièvement (comme je le disais, il est loin d'être bavard), je suis assise par terre au soleil, il se tient contre un arbre et je suis dans l'incapacité de me forcer à ne pas lever les yeux. Je vois donc son visage qui me sourit, sa bouille à faire fondre l'Everest et son sourire plein de dents tordus. J'ai envie de lui sauter dans les bras. Trop de sex appeal.
    Après une interminable épreuve de bio et physique-chimie où le soleil a décidé de se placer juste sur ma table me faisant dégraisser comme un lardon dans une poêle, je pars très vite et rejoins ma mère qui hurle mon prénom de l'autre côté de la rue. "Perfide, je crois que ta mère t'appelle !". Ainsi, je me retrouve dans le bureau de mon directeur, muette. Lors de mon conseil de classe, un vote a eu lieu pour savoir si on devait me renvoyer. Pour tous les élèves turbulents de ma classe, les votes se sont fait à main levée mais le mien fut anonyme. Manifestement, seul trois des mes professeurs m'ont soutenu : Ma prof de français (qui considère que je suis d'une intelligence exceptionnelle et qui m'a sans cesse couvert de compliment), mon prof d'audio (qui est modeste, très intelligent et formidablement humain) et mon prof d'histoire géo. J'ai été fort étonnée d'apprendre qu'il ne m'avait pas descendue puisque vendredi, le coup de téléphone que je recevais m'annonçant mon renvoi venait de lui et il était loin d'être tendre. D'ailleurs, le choc fut énorme ce jour là puisque j'ai toujours considéré cet homme comme une personne hyper sensible, très humaine et prête à tout pour ses élèves. Mon directeur, qui m'adore et pense que je suis très brillante mais que je n'en fous pas une m'a dit qu'il essayait de "faire descendre la température mais que le thermomètre avait explosé". Il faut croire que j'ai l'équipe enseignante à dos et qu'ils me détestent avec toute la hargne dont ils sont capables. Je ne me l'explique pas. Cet état pourrait se révéler compréhensible s'il s'agissait uniquement de ma prof d'anglais que je méprise avec conviction mais je n'ai jamais fait que m'ennuyer tranquillement dans les cours des autres. Ma prof d'anglais, parlons en, c'est une idiote finie et tout au long du troisième trimestre nous nous sommes brouillées parce que j'étais insolente. Monsieur prof d'audio a bien tenté de me faire reprendre mes esprit en me disant que elle avait plus de pouvoir que moi étant donnée que la hiérarchie la plaçait à un statut supérieur au mien, mais mon mépris était trop prépondérant pour que je puisse en faire fi. Elle m'exaspérait profondément. Le constat fut amer et plein de rancœur, mon directeur ne peut rien faire puisque son équipe pédagogique décide. Par conséquent, il m'a conseillée de leur écrire pour tenter de les convaincre que je dois rester. Mon lycée est merveilleux, les enseignants (prof d'anglais exceptée) sont formidables et j'adore l'audio visuel ! Je vais donc devoir accomplir cette mission décadente qui consiste à formuler des excuses tout en essayant de les attendrir sur mon sort de pauvre Perfide. Le prof d'art plastique dont j'étais l'élève en seconde a bien tenté de me défendre mais rien n'y fit, il pense que je ne suis pas faite mon l'école (comme lui, il me prend pour sa poulaine), que je m'y ennuie trop. Ca m'a touché qu'il ait agi de cette manière même si ce n'est qu'un sale prétentieux qui adorerait que ses élèves le voit comme un gourou... Advienne que pourra et no stressos pipolos comme dirait l'autre.
Par Perfide - Publié dans : parisgaredelyon
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Dimanche 11 juin 2006 7 11 /06 /Juin /2006 21:58

"Au bout du téléphone, il y a votre voix et il y a les mots que je ne dirai pas, tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire, qui sont dans trop de films de chansons et de livres, je voudrais vous les dire, et je voudrai les vivre, je ne le ferai pas, j'avoue, je ne peux pas, je suis seule à crever et je sais où vous êtes, j'arrive attendez moi nous allons nous connaitre, préparez votre temps pour vous j'ai tout le mien, je voudrais arriver, je reste, je me déteste, je n'arriverai pas, je veux, je ne peux pas, je devrais vous parler, je devrais arriver, ou je devrai dormir, j'ai peur que tu sois sourd, j'ai peur que tu sois lâche, j'ai peur d'être indiscrète, je ne peux pas vous dire que je t'aime peut-être..."

    Alors qu'hier je sombrais en larmes en écoutant cette magnifique chanson, elle me laisse complètement indifférente désormais. Hier, mon meilleur ami m'a annoncé qu'il n'occuperait plus jamais ce statut. Un premier appel me laissait percevoir incidieusement l'absence d'émotion qu'il ressentait vis à vis de moi et, les hurlements me déchirant l'estomac je décidai de le rappeler pour que les contours de la douleur m'aparaissent clairement. L'espoir de retrouver notre complicité m'a totalement quitté lorsque j'ai compris que j'étais impuissante face aux sentiments qu'il concevait à mon égard. Je pleurai à m'en déchirer la gorge qui était déjà dans un état de décomposition avancé du au tabac. Puis, une douleur latente s'installant au creux de mon ventre, je choisi de la contourner par la lecture. A qui pouvais-je me plaindre puisque mon confident avait deserté ? Bien sûr, j'ai essayé d'appeler mon copain, mais son état d'ébriété avancé lui laissait préférer le sommeil au vomi. Quand le sommeil était trop important pour que je puisse lire et pas assez pour que je puisse m'endormir, j'observai mon plafond en essayant d'oublier... La nuit fut affreuse, je me retournai, rêvai que mon maillot de bain changeait de couleur, que j'étais séquestrée dans un château empli de gens horripilants et la sensation de manque ne me quittait pas.
Il faut dire qu'il n'a pas toujours qu'été mon meilleur ami. Un an auparavant nous étions amants et reposions dans la douce quiétude d'un amour mutuel non avoué, mon copain étant toujours ce qu'il est. Je l'aimais avec la fougue de l'adolescence et un jour, mes sentiments se sont estompés. Pas les siens. Nous avons donc vécu une amitié extraordinaire ponctuée de câlins peu chastes et d'un amour toujours présent. La solitude m'écrase mais je n'ai d'autre choix que de relativiser. Les choses sont maintenant ainsi et je n'y peux rien.
    En contrepartie, et c'est ce qui me rend davantage amère, je ne peux m'empêcher de penser que sa petite amie (depuis 4 mois !) a joué un rôle dans son éloignement. Toussaint : je suis chez mon copain qui m'annonce qu'il va aller en bourgogne avec Y. pendant les vacances. Le soir même je croise Y. qui m'annonce qu'il va en Angleterre. Mon copain me dit qu'il va en fait rester chez lui. Mes soupçons croient. Peu après, j'apprends qu'il partira en Normandie avec des amis à lui dans un lieu où, malencontreusement il n'y a pas de réseau. Là encore, je souffre le martyr et pleure silencieusement toutes les larmes de mon corps. La curiosité accompagnée de sa copine douleur opressante me pousse à lire les archives de conversation de copinou. J'apprends qu'il a décidé de partir à Florence avec une de ses amies que je soupçonne depuis longtemps d'être plus qu'une amie. La culpabilité d'avoir enfreint les règles du secret m'astreint à me taire et à ne pas révéler que je connais ce petit secret. Un jour j'exploserai mais en attendant, je ne fais que me réveiller chaque matin avec une insupportable envie de vomir. Cette jeune fille s'avère être devenue par la suite la copine de mon meilleur ami. Perverse. Peu à peu, j'ai perdu mes droits vis à vis de cet ami : il m'était interdit de dormir chez lui, interdit de le prendre dans mes bras, interdit de l'appeler trop souvent... Il l'accepte parce qu'il l'aime et moi aussi, pour la même raison. Parfois, elle me parlait me disant qu'elle doutait de son amour, et moi, je jouais le rôle de l'amie rassurante, parce que je n'éprouve aucune nécessité à être désagréable, et que cette fille reste très sympathique. "Mais non, il t'aime vraiment, énormément, passionément." Je faisais fi de ma jalousie pour leur bonheur. Elle aussi était jalouse, elle ne supportait pas que je le vois seul connaissant notre passé commun et je regrette qu'elle ait eu à en pâtir.
    Je ne peux m'assurer que cela a eu un rôle dans la situation présente mais il faut que je trouve un fautif, une fautive. Aujourd'hui, j'applique la théorie de Freud selon laquelle les traumatismes sont délaissés à l'inconscient, et je contrains mon esprit à oublier.
    Demain, je passe mon bac et il faut que je révise. J'ai également appris vendredi que j'étais virée de mon lycée. Pour quelles raisons ? Mon ennui en cours nuit à l'ambiance de classe. Il fallait que je compose le visage de l'élève enthousiaste et je n'en ai pas été capable, j'ai été passive et c'est tout à fait intolérable. Tout s'est enchaîné de manière cohérente, plus la lassitude m'accaparait, moins l'envie de travailler m'animait. Mes notes sont toujours restées plus qu'acceptables mais, pour employer les terme de mon professeur principal, mon lycée n'a pas à faire office de "halte garderie". Aussi, j'ai rendez-vous avec mon (ex ?) directeur demain après mes épreuves.







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